Vous avez terminé les seize étapes, ou au moins les cinq montages progressifs de l’étape 11 — et maintenant ? C’est la question piège de tout apprentissage : les bases sont là, mais le pas suivant semble soit trop simple, soit hors de portée. Cette page rassemble sept projets électroniques simples qui se situent exactement entre les deux : chacun se monte avec les gestes que vous connaissez déjà, et chacun introduit un seul élément nouveau. Pas de secteur, pas de microcontrôleur : une pile 9 V ou un port USB, une breadboard, et pour deux d’entre eux votre fer à souder.
Le principe ne change pas depuis l’étape 1 : on ne copie pas un schéma, on le comprend. Et l’analogie non plus : l’électricité reste de la plomberie — vous allez simplement installer des robinets plus malins.
Dans quel ordre les faire ?
Dans l’ordre proposé, si vous voulez la progression. Chaque projet s’appuie sur les précédents ou sur une étape du parcours, et le tableau en fin de page récapitule qui réutilise quoi. Mais contrairement au parcours, rien ne vous y oblige : ce sont des projets, pas des étapes. Si le détecteur d’humidité vous fait envie avant le chenillard, allez-y — vérifiez seulement la colonne « s’appuie sur » avant de câbler.
Le bon réflexe : avant chaque projet, relisez le principe du composant nouveau dans sa fiche. Dix minutes de lecture évitent une heure de diagnostic.
Projet 1 — La minuterie d’éclairage (nouveau : le 555 en monostable)
Vous connaissez le NE555 en clignotant perpétuel. Monté autrement, le même circuit fait tout l’inverse : un appui sur un bouton, la LED s’allume pour une durée précise — dix secondes, une minute, réglable — puis s’éteint seule. C’est la minuterie de cage d’escalier, en modèle réduit. La chasse d’eau de l’astable se remplissait et se vidait en boucle ; ici, elle ne se remplit qu’une fois par appui.
Le projet qui fait comprendre qu’un circuit intégré n’est pas un montage figé mais une boîte à outils.
→ La fiche complète de la minuterie
Projet 2 — Le chenillard à 8 LED (nouveau : le compteur CD4017)
Huit LED qui s’allument l’une après l’autre, en boucle, façon K2000. Le CD4017 est un compteur : à chaque impulsion reçue, il active la sortie suivante. Et qui fournit les impulsions ? Votre 555 astable de l’étape 11, recyclé tel quel en horloge. Deux circuits intégrés qui se parlent : votre premier système.
Le piège : seize pattes au lieu de huit — le brochage se vérifie datasheet en main, pas de mémoire.
→ La fiche complète du chenillard
Projet 3 — L’alimentation régulée 5 V (nouveau : le régulateur 7805)
Une pile 9 V qui s’use ne fournit plus 9 V — et certains montages le supportent mal. Le 7805 est un réducteur de pression : quelle que soit la tension d’entrée entre 7 et 12 V, il délivre 5 V stables en sortie. Trois pattes, deux condensateurs, et vous obtenez l’alimentation propre décrite à l’étape 13 — celle qui servira à tous les projets suivants, et plus tard à vos montages Arduino.
Le premier projet qu’on garde : montez-le sur une petite plaque à souder plutôt qu’en breadboard.
→ La fiche complète de l’alimentation 5 V
Projet 4 — Le testeur de continuité sonore (nouveau : le buzzer, et un vrai objet soudé)
Votre multimètre bipe déjà en continuité — mais il est encombrant, et le vôtre est peut-être occupé à autre chose. Ce testeur de poche fait une seule chose : un bip quand les deux pointes se touchent à travers un fil, une piste, une soudure. C’est l’outil que les dépanneurs gardent à portée de main, et c’est votre premier objet entièrement soudé, boîtier compris.
Le bon réflexe : testez le circuit en breadboard avant de souder quoi que ce soit. On soude ce qui fonctionne, jamais ce qu’on espère voir fonctionner.
→ La fiche complète du testeur
Projet 5 — Le détecteur d’humidité de plante (nouveau : le capteur résistif)
La veilleuse de l’étape 11 réagissait à la lumière ; ce détecteur réagit à la terre sèche. Deux clous plantés dans le pot font office de sonde : la terre humide conduit, la terre sèche résiste. Le même diviseur de tension que vous connaissez traduit cette résistance en signal, et une LED s’allume quand la plante a soif. Changez la grandeur mesurée, gardez le principe : c’est toute la famille des capteurs résistifs qui s’ouvre.
→ La fiche complète du détecteur
Projet 6 — Le thermostat à seuil (nouveau : le comparateur LM393)
Jusqu’ici, vos capteurs pilotaient le transistor « en douceur » : la LED de la veilleuse s’allume progressivement au crépuscule. Le comparateur tranche net : au-dessus du seuil, tout ; en dessous, rien. Une thermistance mesure la température, un potentiomètre règle le seuil, le LM393 compare les deux pressions et bascule. C’est le principe du thermostat de votre chauffage — et la brique qui manquait entre « mesurer » et « décider ».
Le piège : la sortie du LM393 est dite « à collecteur ouvert » — elle a besoin d’une résistance de tirage, sans quoi rien ne se passe. La fiche explique pourquoi, c’est un grand classique du diagnostic.
→ La fiche complète du thermostat
Projet 7 — Le petit ampli audio (nouveau : le LM386 et le signal)
Tout ce que vous avez monté jusqu’ici traite du courant continu : ça s’allume, ça s’éteint, ça mesure. Le son est autre chose — une vibration, un signal qui oscille des centaines de fois par seconde. Le LM386 amplifie ce signal assez pour alimenter un petit haut-parleur : branchez la sortie casque d’un téléphone, et votre breadboard parle. C’est l’ouverture vers un continent entier, celui de l’électronique du signal.
Si un projet doit vous donner envie d’aller plus loin, c’est celui-là.
→ La fiche complète de l’ampli
Les sept projets en un tableau
| # | Projet | Nouveau composant | S’appuie sur |
|---|---|---|---|
| 1 | Minuterie d’éclairage | NE555 en monostable | Montage 4 de l’étape 11 |
| 2 | Chenillard 8 LED | Compteur CD4017 | Le 555 astable en horloge |
| 3 | Alimentation 5 V | Régulateur 7805 | Étape 13 |
| 4 | Testeur de continuité | Buzzer + boîtier soudé | Étape 12 |
| 5 | Détecteur d’humidité | Sonde résistive | Diviseur + transistor (étape 11) |
| 6 | Thermostat à seuil | Comparateur LM393 | Le diviseur, encore lui |
| 7 | Ampli audio | LM386 | Tout — et ouvre la suite |
Ce qu’il faut retenir
Ces sept projets électroniques simples ne demandent aucun composant exotique ni aucune tension dangereuse : tout se monte en basse tension, pile ou USB. Chaque projet introduit exactement un élément nouveau — un mode, un circuit intégré, un capteur — et réutilise tout le reste. Si un montage refuse de fonctionner, la méthode ne change pas : le diagnostic systématique de l’étape 14 s’applique ici comme partout, et chaque fiche liste les pannes les plus fréquentes du projet.
Et après les sept ? Vous aurez manipulé des compteurs, des comparateurs, des capteurs et du signal. C’est précisément le bagage qui rend le passage à l’Arduino naturel : le microcontrôleur remplacera vos circuits de décision, mais les capteurs, les transistors et les alimentations resteront les vôtres.
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