Le détecteur d’humidité de plante : votre premier capteur maison

À l’étape 11, votre veilleuse automatique s’allumait quand la lumière baissait. Aujourd’hui, le même circuit — au composant près — va s’allumer quand la terre d’un pot devient trop sèche. C’est la promesse tenue du parcours : changez la grandeur mesurée, gardez le principe. Ce détecteur d’humidité remplace simplement la photorésistance par une sonde que vous fabriquerez vous-même… avec deux clous.

Car c’est le secret un peu déroutant de ce projet : la terre humide conduit le courant. Pas très bien — quelques kilo-ohms entre deux clous espacés de deux centimètres — mais assez pour qu’un diviseur de tension la « lise ». Terre trempée, la sonde laisse passer ; terre sèche, elle résiste. En plomberie : le sol humide est un tuyau entartré mais praticable, le sol sec un tuyau bouché. Votre circuit mesure le bouchon.

Ce qu’il vous faut

ComposantValeurPrix indicatif
Clous inox ou galvanisés (la sonde)2, longueur 60-80 mm0,20 €
Résistance10 kΩ0,05 €
Résistance1 kΩ0,05 €
Résistance330 Ω0,05 €
Transistor NPN2N2222 ou BC5470,15 €
LEDrouge, 5 mm0,10 €
Bouton-poussoir0,20 €
Potentiomètre (variante seuil réglable)100 kΩ0,50 €
Breadboard + fils + pile 9 Vdéjà en votre possession

Inox de préférence pour les clous : vous comprendrez pourquoi à la rubrique des pannes.

Le schéma expliqué

Le voici — comparez-le mentalement à celui de la veilleuse, le jeu des sept différences sera vite terminé :

  • Le diviseur de tension, colonne de gauche : la 10 kΩ en haut, la sonde en bas, et entre les deux le point milieu dont la tension raconte l’état de la terre. Sonde conductrice (terre humide) : le point milieu est tiré vers le bas, le gros du courant préfère le chemin facile. Sonde résistante (terre sèche) : le point milieu remonte.
  • Le transistor et sa 1 kΩ de base : point milieu haut → base alimentée → transistor passant → LED allumée. La LED rouge dit une seule chose : j’ai soif.
  • Le bouton de lecture, en série avec la pile : le circuit ne fonctionne que bouton appuyé. Ce n’est pas une coquetterie — c’est la parade au défaut n°1 de ce genre de capteur, expliquée plus bas.
  • La sonde elle-même : deux clous plantés à 2-3 cm l’un de l’autre, enfoncés aux deux tiers, reliés au circuit par deux fils soudés ou serrés sous des dominos. Rien d’autre.

C’est le montage 5 de l’étape 11 au sens strict — seul le capteur a changé, et l’ordre du diviseur : la logique s’est inversée avec lui (la veilleuse s’allumait au sombre, le détecteur s’allume au sec), mais le raisonnement du point milieu reste identique.

Le montage pas à pas

  1. Montez d’abord le circuit sans la sonde : diviseur (10 kΩ vers le +, deux fils libres à la place de la sonde), 1 kΩ vers la base, LED et 330 Ω côté collecteur, bouton entre la pile et le rail +.
  2. Test à vide : bouton appuyé, fils de sonde en l’air = résistance infinie = LED allumée. Joignez les deux fils = court-circuit = LED éteinte. Ces deux extrêmes valident tout le circuit avant de toucher un pot.
  3. Fabriquez la sonde : deux clous, deux fils, et un morceau de carton ou de bois percé pour maintenir l’écart constant — l’écart fait partie de la mesure.
  4. Plantez, appuyez, observez : terre arrosée de la veille, LED éteinte ; terre d’un pot oublié, LED allumée.
  5. Si la frontière tombe mal pour votre plante, passez à la variante : remplacez la 10 kΩ par le potentiomètre de 100 kΩ, et réglez le seuil en conditions réelles — sonde dans la terre limite, tournez jusqu’au basculement.

Le bon réflexe : étalonnez avec deux pots témoins, un fraîchement arrosé, un sec depuis une semaine. Le seuil se règle entre deux réalités, jamais sur une intuition.

Ça ne marche pas ?

Méthode de l’étape 14 — et d’abord le test à vide de l’étape 2, qui sépare le circuit de la sonde :

La LED reste allumée, même terre trempée. Le test à vide passe ? Alors c’est la sonde : clous trop écartés, pas assez enfoncés, ou fils mal serrés. La terre conduit mal, il lui faut du contact.

La LED ne s’allume jamais, même terre desséchée. Vérifiez que les clous ne se touchent pas au fond du pot — un caillou peut les rapprocher. Sinon, c’est le seuil : la variante au potentiomètre est faite pour vous.

Ça marchait, et au fil des semaines ça dérive. Regardez les clous : ternis, rongés, verdis. Le courant continu qui traverse un milieu humide déclenche une électrolyse — les électrodes se corrodent, la mesure dérive. C’est le défaut n°1 promis plus haut, et votre bouton de lecture est la parade : quelques secondes de courant par jour au lieu de vingt-quatre heures, la corrosion devient négligeable. Nettoyez les clous au papier de verre, et ne remplacez jamais le bouton par un fil permanent.

Ça bipe juste… non, pardon : ça s’allume à travers vos doigts. Comme le testeur du projet précédent, le montage détecte votre propre conductivité si vous empoignez les deux clous. Normal, et sans conséquence en terre.

Pour aller plus loin

Le basculement de la LED est progressif : autour du seuil, elle luit à moitié, et la frontière humide/sec reste floue. Pour un verdict net — allumé ou éteint, rien entre les deux — il faut comparer le point milieu à une référence et trancher. C’est le métier exact du comparateur, et c’est le prochain projet : le même diviseur y pilotera un thermostat, et vous pourrez ensuite revenir durcir ce détecteur.

Autre piste : remplacez la LED par le buzzer actif du projet 4 — une plante qui appelle à l’aide.

Ce qu’il faut retenir

Un détecteur d’humidité maison, c’est un diviseur de tension dont la branche basse est… de la terre : humide elle conduit, sèche elle résiste, et le point milieu traduit pour le transistor qui allume la LED. La sonde se fabrique avec deux clous à écart constant, le seuil se règle au potentiomètre entre deux pots témoins, et la lecture se fait à la demande — le courant permanent corrode les électrodes, le bouton-poussoir les protège. Votre premier capteur ne sort pas d’un sachet : il sort de votre boîte à clous.

Au projet suivant, le diviseur mesure la température, et un nouveau composant apprend à trancher net là où le transistor hésitait.


Projet suivant : le thermostat à seuil

Retour aux 7 projets · Projet précédent : le testeur de continuité sonore

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut